Les chiffres n’ont pas d’états d’âme : chaque année en France, des millions d’euros restent à la charge des patients après le passage de la Sécurité sociale. Les complémentaires santé, elles, promettent de réduire cette facture. Mais pour certains, une seule mutuelle ne suffit pas. Deux formules, deux contrats… et la promesse d’un filet de sécurité plus large. Mais à qui s’adresse vraiment cette stratégie, et que peut-on en attendre ?
Obtenir une couverture plus vaste
Si l’idée d’additionner deux mutuelles séduit, c’est souvent pour renforcer la couverture, là où une seule ne suffit pas. En souscrivant deux contrats, on combine les garanties de chacune pour espérer un remboursement plus généreux sur certains postes de dépenses : lunettes, prothèses dentaires ou soins hospitaliers, par exemple.
Dans le détail, la première mutuelle reste reliée à l’Assurance maladie, tandis que la seconde vient compléter ce que la première ne prend pas en charge. Le remboursement total, Sécurité sociale plus les deux mutuelles, reste cependant plafonné : il ne dépassera jamais le montant réel des frais engagés. Impossible d’espérer toucher plus que ce que l’on a dépensé.
Obtenir un avantage financier
Multiplier les mutuelles, c’est parfois éviter d’avoir à payer de sa poche ce qu’aucune ne couvre intégralement. Pour certains profils, ce montage se révèle pertinent. Prenons l’exemple d’un intérimaire qui dispose déjà d’une mutuelle individuelle. Si une mutuelle collective lui est imposée, il peut décider de conserver les deux, assurant ainsi une meilleure prise en charge du ticket modérateur.
Ce double filet peut vraiment faire la différence sur les dépenses médicales élevées, qu’il s’agisse de soins courants ou d’actes plus ponctuels. Mais la pratique a ses limites : la Télétransmission Noémie, qui facilite les remboursements automatiques entre l’Assurance maladie et la mutuelle, ne pourra fonctionner qu’avec une seule complémentaire. Résultat : la deuxième mutuelle devra être sollicitée manuellement, ce qui complique le suivi et rallonge parfois les délais.
Avant de s’engager, il est donc indispensable de bien connaître les garanties précises de chaque contrat, pour éviter les doublons inutiles et optimiser les remboursements.
Avoir 2 mutuelles, une option légale ?
Rien, dans la loi, ne s’oppose à l’idée de souscrire deux mutuelles santé. Chacun est libre de choisir, ou non, une complémentaire supplémentaire, en plus de sa couverture principale.
Ce choix peut se révéler pertinent si la mutuelle de base ne couvre pas certains actes médicaux ou si l’on souhaite bénéficier de garanties spécifiques. À noter cependant : jamais le cumul des remboursements ne dépassera le montant effectivement dépensé pour un acte médical donné.
La réglementation précise aussi que ce schéma n’a de sens que dans des circonstances bien définies. Un second contrat ne se justifie que si la première mutuelle ne couvre pas certains besoins ou si elle présente des exclusions. Il faut donc toujours vérifier que le fait de doubler sa protection répond à une nécessité réelle, sans quoi la dépense supplémentaire risque d’être vaine.
Dans quel cas opter pour 2 mutuelles ?
Dans la pratique, deux situations principales poussent à doubler sa complémentaire santé :
- Quand la mutuelle individuelle ne prend pas en charge certains frais importants (comme les soins dentaires ou optiques), la souscription d’une surcomplémentaire santé permet de renforcer ces postes précis.
- Lorsque l’on bénéficie déjà d’une mutuelle collective via son employeur, mais que celle-ci ne couvre pas tous les besoins spécifiques, prendre une complémentaire supplémentaire adaptée à sa situation peut combler les lacunes.
Dans tous les cas, il importe de comparer soigneusement les offres et de faire le point sur ses besoins réels. L’idée n’est pas tant d’empiler les contrats que de viser juste, pour ne laisser aucune dépense incontournable sans réponse.
Choisir deux mutuelles, ce n’est pas faire le grand écart : c’est parfois s’offrir la tranquillité d’esprit face à des frais de santé qui s’annoncent, ou encore anticiper les coups durs. Reste à bien baliser son parcours, pour que la double protection rime vraiment avec sérénité, et non avec tracas administratif.


