Quand une thyroïde déréglée peut entraîner une toux persistante

Vous entendez souvent parler de la glande thyroïde, sans nécessairement connaître sa fonction exacte, à tel point que dans de nombreux cas, vous ne faites pas attention à cette glande tant que quelque chose ne commence pas à fonctionner correctement.

Petite mais redoutable, la thyroïde s’impose à l’avant du cou, telle une sentinelle discrète en forme de papillon. Elle orchestre en coulisses des mécanismes-clés du corps humain. Son rôle ? Produire des hormones qui agissent comme chefs d’orchestre sur de multiples fonctions physiologiques. Parmi elles :

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  • le souffle,
  • le rythme cardiaque,
  • le fonctionnement digestif,
  • la régulation de la température corporelle.

Ces systèmes, en réaction aux variations hormonales, s’ajustent : ils s’accélèrent si la thyroïde s’emballe, ralentissent si elle tourne au ralenti. Dès que le dosage des hormones déraille, l’organisme en subit les conséquences.

Les troubles de la thyroïde s’illustrent par une palette de symptômes qui, parfois, n’ont aucun lien apparent :

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  • variations soudaines de poids,
  • épuisement persistant,
  • désordres digestifs,
  • changements inexpliqués de l’humeur.

Savoir identifier ces signaux ouvre la voie à des solutions adaptées. Les deux profils les plus répandus :

  • L’hypothyroïdie, qui touche en majorité les femmes, surtout après la soixantaine. D’après les estimations, près de 15 % des femmes de plus de 70 ans sont concernées. Des antécédents familiaux augmentent la probabilité.
  • À l’inverse, moins de 2 personnes sur 100 développent une hyperthyroïdie, soit une thyroïde qui tourne à plein régime et produit trop d’hormones.

Souvent, ces dysfonctionnements sont liés à des maladies auto-immunes : le système immunitaire se retourne contre l’organisme et attaque la glande par erreur. Exemple concret : la maladie de Basedow-Graves déclenche une thyroïde hyperactive, tandis que la maladie de Hashimoto la freine jusqu’à l’hypoactivité.

Le diagnostic reste complexe. Les symptômes se confondent facilement avec ceux d’autres pathologies. Pour les départager, les médecins s’appuient sur plusieurs outils :

  • observation attentive des signes cliniques,
  • analyses sanguines ciblant les taux hormonaux,
  • échographie pour examiner la glande,
  • scintigraphie afin d’évaluer la morphologie et la fonction,
  • biopsie si besoin, pour analyser un prélèvement thyroïdien.

Une fois le trouble identifié, le traitement s’adapte : hormones de synthèse en cas de carence, médicaments pour freiner la surproduction lorsque la thyroïde s’emballe.

Goitre

Le terme « goitre » désigne une thyroïde qui a pris du volume, de façon anormale. Parfois, le phénomène s’estompe de lui-même. Mais il peut aussi signaler des troubles sous-jacents qui nécessitent une prise en charge médicale. Avant la ménopause, les femmes sont nettement plus concernées que les hommes.

Voici quelques causes fréquentes de goitre :

  • maladie de Hashimoto,
  • maladie de Basedow-Graves,
  • présence de nodules,
  • thyroïdite,
  • cancer de la thyroïde.

Dans la majorité des cas, le goitre se manifeste par un gonflement du cou, parfois visible, parfois seulement palpable. Quand il devient volumineux, il peut comprimer la gorge, perturber la respiration, accentuer une toux ou gêner la déglutition.

Hyperthyroïdie

Une thyroïde suractive fabrique plus d’hormones que ce dont le corps a besoin : c’est l’hyperthyroïdie. Elle concerne surtout les femmes, les personnes ayant déjà un antécédent thyroïdien, et elle devient plus fréquente après 60 ans. La maladie de Basedow-Graves reste la cause principale, mais des nodules, une thyroïdite, un excès d’iode ou la prise excessive d’hormones peuvent aussi en être à l’origine.

Les manifestations diffèrent selon les individus, mais parmi les plus courantes :

  • irritabilité ou nervosité,
  • humeurs changeantes,
  • fatigue musculaire,
  • intolérance à la chaleur,
  • troubles du sommeil,
  • mains tremblantes,
  • pouls rapide et irrégulier,
  • problèmes digestifs (constipation ou diarrhée),
  • perte de poids inexpliquée,
  • apparition d’un goitre, c’est-à-dire un gonflement du cou lié à l’hypertrophie thyroïdienne.

Hypothyroïdie

Quand la thyroïde s’essouffle et ne produit plus assez d’hormones, le déséquilibre s’installe : c’est l’hypothyroïdie. Là encore, les femmes sont davantage exposées, surtout avec l’âge ou en cas d’antécédent thyroïdien. La maladie de Hashimoto figure en tête des causes répertoriées, suivie par d’autres facteurs comme la présence de nodules, une inflammation, des antécédents chirurgicaux, une irradiation ou certains traitements médicamenteux.

Les signes les plus fréquents sont :

  • fatigue persistante,
  • prise de poids,
  • visage gonflé,
  • frilosité,
  • douleurs musculaires et articulaires,
  • constipation,
  • peau sèche,
  • cheveux fins et cassants,
  • transpiration moindre,
  • troubles du cycle menstruel, difficultés de fertilité,
  • tristesse ou abattement,
  • ralentissement du rythme cardiaque.

Cancer de la thyroïde

Plusieurs types de cancers peuvent affecter la thyroïde. Les principaux facteurs de risque incluent :

  • l’âge, entre 26 et 65 ans,
  • le sexe féminin,
  • l’origine asiatique,
  • la présence d’antécédents thyroïdiens dans la famille,
  • une exposition antérieure à la radiothérapie du cou ou de la tête.

En cas de masse ou de gonflement au niveau du cou, un avis médical s’impose. Le cancer de la thyroïde passe souvent inaperçu, sans symptômes majeurs. S’il s’exprime, il se traduit par une boule ou un gonflement qui peut gêner la déglutition ou provoquer une voix rauque. Des examens complémentaires permettront de déterminer la nature de la masse. La majorité des nodules restent bénins.

Nodules thyroïdiens

Les nodules correspondent à des masses localisées au sein de la glande thyroïde. Ils peuvent être solides ou contenir du liquide, voire du sang. Il n’est pas rare qu’ils soient multiples.

  • Un nodule peut être rempli de liquide ou entièrement solide.
  • La glande peut présenter un ou plusieurs nodules isolés.

La fréquence des nodules est élevée dans la population générale, avec une nette prédominance féminine. Leur origine reste incertaine, les mécanismes précis n’étant pas totalement élucidés. La plupart du temps, ces masses ne provoquent aucun symptôme et ne sont pas liées à un cancer.

Cependant, certains nodules sécrètent trop d’hormones et déclenchent une hyperthyroïdie. Dans d’autres cas, leur volume peut gêner l’alimentation ou la respiration. Les patients découvrent parfois ces nodules par hasard, lors d’un examen clinique ou d’une échographie du cou.

Un exemple concret : devant un miroir, menton légèrement levé, il est possible d’observer ou de sentir une boule sur le côté de la trachée. Si elle bouge en avalant, il est conseillé d’en parler à un professionnel de santé.

Thyroïdite

La thyroïdite désigne une inflammation de la thyroïde, terme qui regroupe plusieurs maladies aux manifestations diverses. L’évolution dépend du type de l’inflammation et de sa rapidité.

Les symptômes ne sont pas uniformes. Si la thyroïdite détruit progressivement les cellules, la production hormonale baisse et les signes de l’hypothyroïdie apparaissent. On peut alors repérer :

  • une fatigue persistante,
  • une prise de poids,
  • une constipation,
  • un cuir chevelu sec,
  • une humeur dépressive,
  • une mauvaise tolérance à l’effort.

Ce tableau correspond souvent à la thyroïdite de Hashimoto. À l’inverse, si l’inflammation est brutale, les hormones stockées dans la glande sont relâchées dans le sang, provoquant un excès hormonal passager : on parle alors de thyrotoxicose, aux symptômes comparables à ceux de l’hyperthyroïdie :

  • anxiété,
  • insomnie,
  • palpitations (cœur qui s’emballe),
  • fatigue,
  • perte de poids,
  • irritabilité.

Cette situation se rencontre lors des phases aiguës de thyroïdite subaiguë, indolore ou post-partum. À ce stade, la thyroïde libère d’un coup ses réserves hormonales, puis l’inflammation retombe et les symptômes régressent. Certaines formes s’accompagnent de douleurs cervicales marquées.

Thyroïdite post-partum

La thyroïdite post-partum survient après l’accouchement et concerne 1 femme sur 10. Elle passe souvent inaperçue, les symptômes pouvant se confondre avec ceux du « baby blues ».

Ce trouble évolue habituellement en deux phases, même si toutes les patientes ne suivent pas ce schéma :

  • La première étape démarre entre 1 et 4 mois après la naissance et dure de 1 à 2 mois. Elle s’accompagne de signes d’hyperthyroïdie, la glande lésée relâchant soudainement ses hormones.
  • La seconde phase survient 4 à 8 mois après la naissance, s’étalant sur 6 à 12 mois. Elle se manifeste par des signes d’hypothyroïdie, la glande ayant épuisé ses réserves ou l’attaque immunitaire s’étant apaisée. La récupération s’effectue généralement par la suite.

Sources et bibliographie

  • nih.gov
  • Medline Plus, hyperthyroïdie
  • Santé des femmes .gov
  • Medline Plus, ipotiroïdisme
  • Medline Plus, tumore altiroide
  • thyroid.org

La thyroïde, même silencieuse, veille sur bien plus que notre cou. Prendre le temps de l’écouter, c’est parfois découvrir la clé d’un quotidien retrouvé. Qui sait ce qu’elle réserve à qui la néglige trop longtemps ?