Le SH (hydroadénite suppurée), plus connue sous le nom de maladie de Verneuil, s’impose sans crier gare dans la vie d’environ 1 % de la population mondiale. Maladie chronique, non contagieuse, mais redoutablement douloureuse, elle ne laisse que peu de répit à ceux qui en souffrent. Le jeudi 17 mai, Rome a accueilli une série de consultations dermatologiques gratuites, accompagnée d’une campagne de sensibilisation dédiée à l’hydroadénite suppurative. Derrière ce nom technique, une réalité concrète : la maladie se manifeste par l’apparition de kystes et de plaies profondes, principalement localisées dans les plis inguinaux, les aisselles, la région périanale, les fesses et sous les seins. Parfois, d’autres zones sont touchées : cuir chevelu, cou, dos, visage, abdomen, mais ces localisations restent moins fréquentes.
La maladie ne s’arrête pas à quelques lésions passagères. Elle frappe par sa récurrence : des nodules enflammés, des abcès tenaces, des fistules sinueuses qui, au fil du temps, laissent place à des cicatrices indélébiles. Vivre avec la maladie de Verneuil, c’est composer avec une douleur constante, parfois insoutenable, mais aussi avec une gêne dans chaque geste du quotidien. Au-delà de l’atteinte physique, l’impact psychologique s’avère lourd : ce handicap invisible pèse sur la vie professionnelle, sociale, intime.
Les causes de la maladie de Verneuil
Ce qui provoque le SH demeure flou : la science n’a pas encore percé tous ses mystères. On sait néanmoins que la maladie fait obstruction au niveau des follicules pileux, l’inflammation se propageant ensuite jusqu’aux glandes apocrines, particulièrement présentes dans les plis de la peau. À ses débuts, les lésions ressemblent souvent à de simples poils incarnés, ce qui trompe parfois le diagnostic initial.
Si le SH peut survenir à tout âge, il tend à s’installer à l’âge adulte, fréquemment autour de la vingtaine. Les femmes y sont davantage exposées que les hommes, un fait confirmé par plusieurs études. La génétique joue aussi sa partition : environ un tiers des personnes touchées ont un membre de leur famille diagnostiqué avec la même maladie. Ce n’est pas tout : les données mettent également en lumière une association notable avec le tabagisme et le surpoids.
La maladie de Verneuil ne se limite pas à des manifestations cutanées. Il s’agit d’une affection inflammatoire chronique, souvent en lien avec d’autres troubles où le système immunitaire montre des signes de dérèglement. On observe régulièrement des associations avec :
- l’arthrite
- le psoriasis
- la maladie de Crohn
- certaines formes sévères d’acné
- la dépression
- des déséquilibres métaboliques
La gravité du SH varie d’un patient à l’autre. Certaines personnes ne connaissent que de petits nodules ou furoncles isolés, peu gênants au quotidien. Mais la maladie peut aussi se faire bien plus agressive, donnant naissance à des fistules infectées, des écoulements de pus et d’autres sécrétions nauséabondes. Dans ces formes sévères, la qualité de vie peut s’effondrer, tant la maladie devient envahissante et handicapante.
Face à la maladie de Verneuil, chaque journée est une épreuve de patience et de ténacité. Espérer une avancée thérapeutique, c’est croire en la possibilité d’un quotidien moins entravé, où la douleur ne dicte plus le rythme de vie. Dans l’attente, l’information et la reconnaissance restent des alliées précieuses pour ceux qui affrontent cette pathologie souvent méconnue.

